Maintenant que vous maitrisez les éléments structurants du Poker, il est temps de se poser la question : quel est le point commun des grands joueurs ? Ils maximisent leurs gains et minimisent leurs pertes. Vous n’avez pas besoin de gagner beaucoup de pots.
Simplement, ceux que vous jouez doivent vous rapporter un maximum. Et si vous perdez, vous devez perdre un minimum.
Au moment de miser, vous vous posez toujours une multitude de questions : Passer ou suivre ? Combien mettre au pot ? Dois-je relancer ? Vous trouverez les réponses dans le contexte et la stratégie que vous adopterez.
Tout d’abord, pour prendre une décision raisonnée, il vous faut connaître les outs, c’est-à-dire le nombre de possibilités pouvant compléter votre main.
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Retenez bien la formule approximative % = O × 2 × N, elle vous sera très utile. |
| OUTS | DEUX CARTES À VENIR | UNE CARTE À VENIR |
|---|---|---|
| 1 | 4,3 % | 2,2 % |
| 2 | 8,4 % | 4,3 % |
| 3 | 12,5 % | 6,5 % |
| 4 | 16,5 % | 8,7 % |
| 5 | 20,4 % | 10,9 % |
| 6 | 24,1 % | 13 % |
| 7 | 27,8 % | 15,2 % |
| 8 | 31,5 % | 17,4 % |
| 9 | 35 % | 19,6 % |
| 10 | 38,4 % | 21,7 % |
| 11 | 41,7 % | 23,9 % |
| 12 | 45 % | 26,1 % |
| 13 | 48,1 % | 28,3 % |
| 14 | 51,2 % | 30,4 % |
| 15 | 54,1 % | 32,6 % |
| 16 | 57 % | 34,8 % |
| 17 | 59,8 % | 37 % |
| 18 | 62,4 % | 39,1 % |
| 19 | 65 % | 41,3 % |
| 20 | 67,5 % | 43,5 % |
Le tableau se lit donc ainsi : vous avez un tirage suite bilatérale au flop. Vous savez donc que huit cartes peuvent vous aider. S’il vous reste deux cartes à venir (avant la turn), vous avez 31,5 % de toucher votre suite. S’il vous reste une carte à venir (avant la river), vous n’avez plus que 17,4 %. La formule approximative vous donne 32 % et 16 %.
Une fois les outs assimilés, vous devez intégrer la notion de retour sur investissement.
Pour cela, deux règles de calcul s’offrent à vous : l’espérance de gain (expected value) ou la cote du pot (pot odds).
Imaginez le pari suivant : votre adversaire lance en l’air une pièce de monnaie (non truquée). Si elle tombe sur pile, vous gagnez 20 €. Si elle tombe sur face, vous perdez 1 €. Est-ce tentant ? Bien sûr que oui ! Pourquoi précisément ?
Parce qu’il y a exactement 50 % de chance pour que vous emportiez 20 € et 50 % que vous perdiez 1 €.
Vos gains potentiels se traduisent ainsi : 0,5 × 20 € = 10 €.
Vos pertes potentielles sont les suivantes : 0,5 × 1 = 0,5 €. Votre espérance de gain est donc la différence des gains et pertes potentielles, soit 9,5 €.
Au poker, c’est la même chose.
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La formule appliquée est la suivante : Espérance de gain = [chances de réaliser votre combinaison × valeur du pot] – [Mise à payer] |
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Le pot est de 50 €. |
Ainsi, on considère que si :
La cote du pot est le rapport entre la valeur du pot et la mise nécessaire que vous devez payer pour rester dans le coup.
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Le pot est de 20 € Votre adversaire mise 10 €. Vous devez miser 10 € pour rester dans le coup. Pour connaître la cote du pot, il faut établir le rapport entre votre mise (10 €) et le pot (20 € + les 10 € apportés par votre adversaire, soit 30 €). Pour cela, il vous suffit de diviser le pot par la mise (30/10, soit 3/1). En l’occurrence, la cote est de 3 contre 1. Elle s’écrit de la manière suivante 3 : 1. Si le pot comportait 80 € pour une même mise nécessaire, la cote serait de 8 : 1 (80/10 soit 8/1). |
La cote ne peut exister que si elle est basée sur le facteur 1. Imaginez un pot de 43 € et une mise de 7 €, le rapport est 6,1 : 1 (et non pas 12,2 : 2 par exemple).
Qu’est-ce que 3 : 1 signifie réellement ?
Tout simplement que quand vous jouerez quatre fois, vous aurez perdu trois fois et gagné une fois.
Ou plus simplement, vous gagnerez une fois au bout de quatre fois.
Dans l’exemple ci-dessus, perdre trois fois vous coûtera trois fois votre mise, soit 30 €, et gagner une fois vous rapportera le pot, soit 30 €.
Vous atteignez ainsi l’équilibre financier au bout de la quatrième fois.
Maintenant, il faut convertir ce rapport de risques sous forme de pourcentage pour pouvoir le comparer à vos chances de l’emporter.
Il suffit d’ajouter les deux chiffres du rapport, et de diviser 100 % par le total obtenu. Ainsi, 3 : 1 devient 3 + 1 = 4. 100 % / 4 = 25 %.
Imaginez maintenant que vous avez 32 % (8 outs) de compléter votre suite au flop, vous devez rester dans la partie, car vos chances de compléter votre main sont supérieures à la cote du pot (25 %).
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Ainsi, si logiquement : Votre % d’amélioration de main est supérieur au % de la cote du pot, alors vous pouvez suivre. Votre % d’amélioration de main est inférieur au % de la cote du pot, alors vous devez vous coucher. |
Les calculs intègrent le pot actuel, mais ne prennent pas en compte la cote du pot final, ni des futures mises de vos adversaires.
Des formules conditionnelles et savantes vous permettraient de prendre en compte à la fois le nombre de joueurs restants et la valeur potentielle de leurs mises, indexées sur les mises de départ et pondérées de la valeur des mains des joueurs, pour miser au plus juste, ou plutôt au moins faux.
Mais vous n’avez pas besoin de tout cela. Le poker se joue vite, et la connaissance des probabilités alimentera vos automatismes. N’oubliez pas pour autant que les probabilités ne sont valables que sur le long terme. Elles vous rendront donc gagnant en principe, mais en principe seulement.
Ces formules sont précieuses et vous aideront dans vos parties mais, en aucun cas, ces calculs devraient se substituer à votre bon sens, votre observation et votre intelligence situationnelle.
Checker permet de rester dans la partie sans ouvrir le pot. Vous passez ainsi la parole à votre voisin de gauche qui a trois possibilités : checker, miser ou se coucher.
Contrairement aux idées reçues, checker est la forme d’enchères qui vous expose le plus. Cela peut en effet signifier plusieurs choses :
Dans la plupart des cas (notamment avec des joueurs de faible expérience), checker est synonyme de faiblesse ou de prudence. Le flop ne vous est pas venu en aide donc vous checkez en espérant que tout le monde fera de même et ainsi obtenir une carte gratuite. Cette technique n’est pas mauvaise en soit, en revanche vous devez la mettre à profit pour observer vos adversaires.
C’est généralement le moment le plus approprié pour lire la main de vos adversaires.
Pour cela, vous devez absolument avoir en tête les mises de départ des différents joueurs.
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Joueur 1 : Donneur Joueur 2 : Blind 5 € Joueur 3 : Relance de 5 € Joueur 4 : Suit à 10 € Joueur 1 : Suit à 10 € Joueur 2 : Suit à 5 € Flop : 5♦ 7♥ 9♦ Les quatre joueurs, en commençant par le joueur 2, checkent à tour de rôle. À ce moment précis, vous pouvez être sûr : Imaginez simplement que la turn révèle D♠ et que le joueur 3 ouvre le pot. Vous pouvez être persuadé qu’il a touché une paire de Dames. Il pourrait bluffer mais c’est peu probable, étant le deuxième à parler, donc une position assez inconfortable, sachant que deux joueurs doivent parler derrière lui. |
Vous devez donc formuler des hypothèses pour les écarter ou les conserver selon les cartes révélées par le board et les mises de vos adversaires. Quand le flop révèle un gros jeu, comme une paire, un brelan, trois cartes de la même couleur ou trois grosses cartes consécutives, la plupart des joueurs checkent par prudence. Ils veulent simplement voir si le flop est venu en aide à un joueur. Et si c’est le cas, ce joueur est certainement très fort.
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Il est effectivement préférable de checker surtout en early et mid position, même si vous détenez la meilleure main (une mise forte ferait fuir tout le monde). Si vous êtes le dernier à parler, vous avez une réelle opportunité de bluffer et d’emporter le pot. C’est généralement le choix de beaucoup de joueurs. Si par contre, vous êtes relancé, couchez-vous. Celui qui vous relance a certainement une main très forte. |
Checker peut avoir pour but de paraître faible alors qu’on est en réalité très fort. C’est une technique de jeu, qui peut se traduire par du slow playing ou du check raising.
À la différence de checker, relancer signifie pour vos adversaires que vous possédez un gros jeu.
Nous allons passer en revue les cas où il est judicieux de relancer vos adversaires.
C’est le cas le plus simple à gérer. Un joueur vous a relancé et le flop vous amène à penser que vous êtes le meilleur.
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Vous devez relancer fortement. Si votre adversaire vous relance mais faiblement, il a sûrement touché une double paire à l’As. |
Votre main est forte mais vous savez que votre adversaire a une meilleure main. L’intérêt de la relance est de lui faire croire que c’est vous qui dominez !
Pour cela, vous avez un avantage sur lui, puisque vous seul connaissez la valeur de vos deux mains. Effrayez-le avec de fortes relances et gardez à l’esprit que la turn ou la river pourra même au final vous procurer la meilleure main.
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Vous avez une paire de Valets et, au regard de sa façon de jouer, vous savez que votre adversaire a une paire de Dames. En relançant fortement, vous lui faites croire que vous possédez deux paires. |
C’est le rêve de beaucoup de joueurs : obtenir un brelan masqué au flop.
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À six joueurs ou plus, deux joueurs auront touché une paire haute grâce au board, mais vous serez le meilleur avec votre brelan de 3, et en plus vous passez icognito. |
Pour éviter d’être victime d’un brelan masqué alors que vous êtes doté d’une forte paire ou de cartes hautes en pocket cards, il vous faut faire fuir les joueurs qui attendent le flop. Pour cela, vous devez relancer au premier tour d’enchères, pour que le ticket d’entrée au flop soit suffisamment dissuasif pour les mains moyennes et faibles.
C’est une technique coûteuse mais efficace si elle est réalisée convenablement.
Vous devez viser un seul joueur, et sa façon de jouer doit être le reflet de la valeur de sa main. Évitez pour cela les flambeurs ou les loose players.
Relancez ! S’il vous suit, il a une bonne main. S’il vous relance, il a une très bonne main. S’il se couche, il a une main moyenne ou faible.
Cette information récoltée doit être associée à la manière dont il a joué sa main depuis le début du coup. Ainsi, si plus tard, il adopte le même style de jeu qu’au départ, vous saurez plus facilement lire sa main. Cette technique de relance est un investissement à long terme.
Il n’est pas possible de bluffer sans relancer. Vous devez montrer à votre adversaire que votre main est meilleure que la sienne en relançant de manière suffisamment conséquente pour qu’elle soit dissuasive.
Il est maintenant temps d’étudier les différentes techniques efficaces au Poker.